Le verdict tombe : enjeux avec le balayage visuel, les angles morts, les changements de voie et arrêts incomplets.
L’évaluateur m’informe que je ne passe PAS mon examen pratique de conduite.
Dans la salle d’attente de la SAAQ, j’avais sollicité mon ange gardien pour m’aider à ce que tout se passe au mieux. Je me suis visualisé après l’examen, heureux d’avoir réussi. J’ai souris naturellement en me « branchant » sur l’émotion agréable de soulagement. Enfin, c’était terminé.
J’ai demandé à mon intelligence pragmatique de s’éveiller, celle qui me connecte au plan matériel et m’oriente dans le monde phénoménal.
Et j’ai tout de même raté ce premier essai.
À travers cette épreuve, j’ai trouvé des clés pour me sortir de l’insatisfaction … et ça commence par l’auto-observation.
Auto-observation
Je critique
Face à l’échec, j’ai d’abord l’élan de me victimiser, de blâmer quelque chose d’extérieur à moi, qui n’est pas dans mon pouvoir. Je me dis que mon partenaire de pratique aurait pu mieux faire pour me montrer ce que je ne fais pas bien. Qu’il aurait pu me faire pratiquer plus souvent. Je le remets même en question en tant que modèle de conducteur automobile.
Je dramatise
Ensuite, ma victime se change en bourreau intérieur. Je me juge moi et me culpabilise, je me dis que j’aurais dû pratiquer plus souvent, que je suis lâche et paresseux, pas assidu.
Je démissionne
Puis mon saboteur débarque et m’achève : « je ne suis pas bon dans ça moi les choses pragmatiques, je n’ai pas de talent pour ça, je n’y arriverai pas, je vais continuer de dépendre des autres quand je veux sortir de la ville, faire des commissions, etc. »
Tout ça relève de la défensivité.
Pourquoi suis-je défensif ?
Une défensive, ou mécanisme de défense, c’est une stratégie inconsciente de la psyché qui tente de se préserver. Au Centre de relation d’aide de Montréal (CRAM), on parle de « survie psychique ».
C’est une façon que l’égo connait pour faire face aux épreuves qui viennent l’ébranler.
En soi, c’est très utile, surtout au début de la vie, quand nous sommes enfants et dépendons des autres pour subvenir à nos besoins fondamentaux. Nos défensives nous aident ainsi parfois à rester fonctionnel et conserver une certaine « structure psychique ».
Pour évoluer toutefois, il est essentiel d’emmener plus de conscience dans les comportements défensifs qui peuvent nous maintenir dans des fonctionnements non satisfaisants.
De quoi je me défends au juste ?
Les déclencheurs extérieurs réveillent des zones sensibles, des peurs et des émotions.
Les mécanismes de défense, inconscients et automatiques, font souvent écran et cachent le vécu souffrant, comme les sentiments désagréables.
Encore aujourd’hui, il m’arrive de ne pas savoir comment prendre soin de mes besoins de sécurité, d’amour et d’intégrité. Ne sachant que faire, mon instinct me pousse à me défendre de mon sentiment d’impuissance et de mes malaises, au lieu de les accueillir.
Mon déclencheur
Revenons à mon histoire d’échec d’examen de conduite.
Après avoir observé mes défensives, je vois bien que je refoule quelque chose. Je tente de ne pas contacter un sentiment que j’ai beaucoup de difficulté à accueillir : la déception.
Bin oui … je suis déçu de ne pas avoir passé mon test du premier coup.
J’avais un beau tableau en tête, permis de conduire en main, rien ne pourrait m’arrêter ! J’allais pouvoir visiter ma famille et mes amis avec plus d’autonomie. Je ne serais plus un éternel passager, je ne dépendrais plus autant des autres.
Mon vécu
Mon rêve de réussite, d’autonomie et de liberté n’est pas encore réalisé et ça me rend triste.
En plus de cette tristesse, je peux questionner ma valeur personnelle, m’apitoyer sur moi-même en me disant que je ne suis pas aimable si je ne réussi pas quelque chose. Il s’agit là d’une croyance limitante que j’ai introjectée et qui mine mon estime personnelle.
Attention : je pourrais ici me défendre à nouveau, en rationalisant et en banalisant mon expérience : « ce n’est que partie remise, plusieurs personnes ne passent pas du premier coup, etc. » Ce serait dommage, parce que je n’aurais pas la possibilité d’aller plus loin dans l’exploration de mon vécu et y trouver des clés pour plus de satisfaction.
L’important à cette étape n’est pas de « comprendre » avec la tête, mais d’accueillir le vécu avec le cœur et les tripes.
L’émotion en dessous
En m’arrêtant à ce qui me fait mal, ici la déception, je lui fais de la place.
Juste ce mouvement, cette ouverture, ce regard empathique vers ma souffrance, ça m’apaise. Je ressens même une détente physique.
Une fois que ma déception a été reçue et entendue, je découvre de la colère juste en dessous.
La vérité, c’est que je n’accepte pas que les choses ne se passent pas comme je veux ; je n’accepte pas d’être freiné et frustré dans mes élans. J’ai soif de légèreté et là, je vais devoir faire des pratiques, reprendre l’examen, et combien de fois encore ? ARG
Si la déception est un sentiment désagréable, la colère est une émotion que j’ai l’habitude de refouler, parce son intensité me fait peur.
À mal irrationnel, remède irrationnel
Surprise : en me laissant visiter par la colère, j’ai l’élan de me pardonner.
Je me pardonne de ne pas avoir été aussi assidu que j’aurais souhaité avec mes sorties pratiques et avec mon cours de conduite en général.
Je me pardonne d’avoir été présomptueux, de m’être assis sur mes lauriers, me disant que je suis tellement bon et fin et tout, que ça allait juste bien fonctionner pour moi … parce que c’est souvent comme ça que ça se passe.
Je me pardonne de ne pas avoir intégré aussi rapidement que j’aurais souhaité la dimension pragmatique de mon cours de conduite.
Le pardon est un geste irrationnel, qui ne part pas de la tête, mais du cœur. Je peux m’arrêter ici un instant pour me reconnaître cette force spirituelle.
Revenir dans la réalité
Me pardonner m’aide à prendre contact avec la réalité, assumer qui je suis et ma responsabilité dans ce que je vis.
Par exemple, je vois humblement que mon aisance rationnelle (j’ai eu 100% à mon examen théorique) n’est pas si aidante pour la dimension pratique/pragmatique de la conduite.
Je saisis que j’ai été ambitieux, que j’ai pris beaucoup de projets en même temps, avec le boulot, l’école, le démarrage d’une entreprise, etc.
J’admets aussi à moi-même que la conduite automobile, ce n’est pas ce que je préfère dans la vie. Je reste plutôt anxieux en voiture et j’ai plus d’intérêt pour des trucs d’intello, écrire des articles par exemple. Je privilégie aussi faire de la bouffe, voir mes amis et m’amuser…
Trouver le sens
Suite à l’exploration de mon vécu, je comprends que je dois prioriser mes sorties pratiques si je tiens à obtenir ce fameux permis de conduire.
Autrement dit, l’accueil de mon vécu m’aide à faire un choix et à me commettre.
Ça m’aide de donner un sens à la situation : mon choix (de prioriser mes sorties pratiques) est désormais éclairé par une plus grande conscience de mes besoins, de mes forces et de mes limites.
Le sens, c’est une de mes clés pour accepter ma réalité au lieu d’y résister.
J’ai réussi à retirer quelque chose de constructif de cette épreuve. Et surtout je suis apaisé, je me suis responsabilisé et ne reste pas coincé dans une insatisfaction inconsciente.
Accompagnement disponible
N’hésite pas à partager cet article avec une personne qui serait prête à s’engager dans une démarche thérapeutique pour trouver ses propres clés de satisfaction.
Récemment gradué de la formation professionnelle en relation d’aide avec l’approche non directive créatrice® (ANDC®), j’offre un service d’accompagnement individuel pour adultes à titre de TRA, Thérapeute en relation d’aide®.
L’accompagnement soutient le développement personnel, pour gagner en liberté face aux fonctionnements défensifs et insatisfaisants.
- Les séances se font en personne dans mon bureau à Montréal
- Je peux émettre des reçus pour les assurances et les impôts