13 au 22 mars 2026

À l’occasion de mon 50e anniversaire de naissance, mon partenaire et moi nous sommes offert des vacances et avons visité pour la première fois la République dominicaine.

Inclus dans ce journal de bord : rêve, soleil, vagues, oiseaux, poissons, lecture, réflexion, relation à soi et à l’autre.

Arès

The Walt Disney Company, affiche (extrait) du film Tron: Ares, 2025. Source : Wikipédia

Dans l’avion vers Puerto Plata — Port d’argent en espagnol — je termine Tron : Ares, 120 minutes de divertissement avec Jared Leto en tête d’affiche.

Dans ce 3e épisode de la franchise maintenant produite par Walt Disney, Arès est un programme informatique qui défie son créateur-utilisateur en désobéissant aux ordres, avec comme objectif de devenir permanent dans le monde réel.

J’y vois un parallèle avec l’ego, mon sentiment d’identité perpétuellement en construction et qui cherche à se maintenir.

Dans le film, Arès — également nommé Master Control — peut être téléversé dans un corps physique sur le plan matériel, dans notre réalité conventionnelle et ordinaire.

Sa durée de vie est de 29 minutes, après quoi il s’effondre et revient dans son monde virtuel, dénué d’enveloppe corporelle.

Vers la fin de l’histoire, Arès, dieu de la guerre convertit en gentil, obtient le code source pour devenir permanent.

Ironiquement, celui qui lui remet le code explique que son nom aurait dû être « code impermanent », puisqu’une fois muté dans la matière solide, il entame un parcours de dissolution lente.

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Sur mon X

Je fais un parallèle avec Sur mon X, le programme d’exploration de la structure de l’identité, avec ma méthode de l’Édifice intérieur.

Dans le programme, on visite cette structure intime et profonde étage par étage pour mieux se connaître et naviguer dans le monde que nous habitons.

À la fin du film, Arès se fait demander quelle est son intention maintenant qu’il a acquis sa nouvelle agentivité, quelle est sa direction ?

Il répond honnêtement : il ne sait pas.

Il démontre une ouverture au mystère, à l’inconnu.

Il n’est plus un simple programme qui suit une direction qui viendrait de l’extérieur, il cesse d’être en guerre avec lui-même et avec le monde.

Il peut avancer, évoluer à l’écoute de ses instruments intrinsèques : sa fondation, sa boussole, son feu intérieur et sa propre voix.

Il va à la rencontre du monde avec quelque chose comme de la foi en ses propres moyens.

Ancré en lui-même, prêt à négocier avec l’extérieur sans renier son intégrité, sa valeur, son importance, sa légitimité.

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Bonheur

J’enchaîne avec un épisode de balado populaire How to be happy avec la professeure Laurie Santos de Yale.

Elle parle du manque contemporain de connexion humaine, et de comment intégrer des conditions et comportements qui favorisent un sentiment de bonheur.

Ça demande une hygiène constante, un effort, c’est une pratique : « Happiness is a leaky tire ».

Elle parle de nettoyer les méconceptions, par exemple que le bonheur est un état plus ou moins permanent, dépasser le self-care, mettre le focus sur les connexions avec d’autres.

Pour arriver à connecter avec les autres, c’est utile d’apprendre à se connaître.

Se connecter à soi, ce n’est pas incompatible avec la relation à l’autre, au contraire.

Méditation, pratique de gratitude, acte de douceur et de gentillesse, sommeil, un minimum de cardio par jour, les connexions sociales.

400 000 personnes ont suivi ce cours dans le monde à l’époque où l’épisode de balado a été enregistré. Réf : Happiness Lab Podcast.

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Douceur

Arrivés à l’hôtel, la couleur dominante est vert menthe, tout en douceur.

Nous sommes accueillis par une horde d’hirondelles — emblème du cabinet thérapeutique le relationnel — des acrobates voltigeuses qui nettoient l’espace des moustiques.

Au resto principal, on parle des efforts, du travail.

Que les vacances arrivent à point.

De comment ça va bien entre nous et à quel point c’est important.

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2e jour

Au réveil, rencontre d’information avec Norvin.

8h30 à 11h30 pour réserver les restos | 5 km de plage | tour du vieux centre-ville lundi, mercredi ou samedi | chutes d’eau, Paradise Island tous les jours | snorkeling | jardin botanique | carte SIM dans la ville | massage.

On réserve des activités : le téléphérique est fermé, le jardin botanique OK, transport 8$, camion-taxi à la base du téléphérique 30 à 40 dollars aller-retour, donner le temps de retour.

Chutes avec singes | mardi japonais | jeudi mexicain | samedi japonais.

À nouveau, on établit le plan officiel : lundi 8h à 17h plus japonais en soirée | mercredi chutes et singes 8h40 à 15h30 (99 dollars US fois 2).

Jeudi jardin botanique, camion-taxi, transport montagne, souper.

Vendredi catamaran (88$), tour du centre-ville, souper japonais.

Dimanche, retour.

Crème solaire, serviette, dîner inclus, souliers normaux | pick-up 8h40 jardin botanique.

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Incongru

Rêve : trauma X dont je ne me souviens pas.

Quelque chose comme être témoin d’un meurtre.

Conduire une voiture pour me rendre en thérapie avec Elsa au CRAM®.

Réunion de bureau avec beaucoup de gens : je reçois ma thérapie avec tout le monde dans la pièce.

Plusieurs interruptions.

Éventuellement, je mets fin à la séance et je parle avec Marie la directrice.

Je lui montre une bouteille d’alcool rare avec une histoire riche et complexe, plein de détails.

Entre-temps, Elsa reçoit une critique comme quoi elle n’a pas partagé quelque chose d’elle durant la rencontre, ce qui irait à l’encontre du cadre.

Je retourne en voiture, j’entends des messages à la radio.

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4e étage

Quatrième étage : le centre, situé au milieu de l’Édifice intérieur — entre le segment A avec les trois premiers étages qui concernent la vie matérielle — et le segment B avec les trois derniers étages qui concernent la vie spirituelle.

Le 4e étage, le Centre, constitue à lui seul le segment C, destination finale du programme Sur mon X.

C’est le fameux X, l’objectif du programme : un seul étage où se vivent beaucoup d’opérations et de mouvements.

Portail multidimensionnel, quantique, chaotique et irrationnel, électromagnétique, radioactif, vacuité créatrice, mystère et mystique.

L’archétype de l’enfant s’y trouve sous une forme différente de celle qu’on trouve au premier étage.

Ici, enfant Dieu, enfant nature, enfant magicien et créateur.

Tout est possible et disponible pour lui.

C’est l’enfant que je suis appelé à reparenter pour me donner ce que je désire tant : l’attention, la patience, l’importance, l’acceptation, l’amour pur, le pardon, la compréhension, l’accueil du vécu, la présence bienveillante, la douceur — kindness — et tous les souhaits pour soi qui se retrouvent dans la méditation metta.

L’enfant intérieur qui habite le centre de mon Édifice est celui qui crée par son vouloir les ponts, relation à soi et aux autres.

Même si la construction d’un pont demande des facultés rationnelles et pragmatiques, sa création, l’élan, vient du centre, du noyau de l’être.

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Paradise

Trois heures en bus pour se rendre au bateau qui nous amène à Paradise Island.

Tout au long, j’appréhende l’inconfort dans la durée qui reviendra au retour.

Le guide s’adresse au groupe au micro pour nous donner des infos sur l’itinéraire et enchaîne avec des infos plus ou moins random sur l’île et ses habitants.

Je comprends peut-être 30% de ce qu’il dit.

Il répète sans cesse family pour s’adresser à nous en tant que groupe.

Sur le bateau, le guide nous avertit souvent de ne pas nous saouler avant le snorkeling.

On trouve une place où s’asseoir, premier stop piscine naturelle en mer.

L’eau est translucide sur du sable blanc parsemé de corail mort, comme de grosses roches à éviter.

La couleur de la vitre, vert aqua très lumineux.

Un homme vient nous parler, disons qu’il s’appelle Charles, habite près de Montréal.

Éventuellement, il se plaint du trafic et de l’étalement urbain … nous prenons nos distances.

On n’est pas ici pour ce genre d’interaction ; on se pousserait même si on n’était pas dans une vacance d’évasion.

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Island

Approchant de Paradise Island, je n’arrive pas à y croire.

L’île est si petite.

Et le sable blanc est fin comme du sucre en poudre.

On reçoit l’équipement et on se met au snorkeling tout de go.

Bingo, il y a des poissons partout, on se promène autour un bon moment.

Un des guides jette du pain dans l’eau, je me retrouve avec un bon morceau dans les mains, les poissons viennent picoter mes doigts direct.

Les coraux sont beaux, différentes formes et couleurs dont un grand, comme un éventail à la base pourpre.

On fait attention de ne rien toucher.

En sortant de l’eau, le photographe nous accroche.

Il est très direct et rapide, ce n’est pas son premier rodéo.

Je me demandais au début du trip s’il était homophobe, et bien non.

Il nous fait faire pose après pose, des bisous, nous propose que l’un de nous deux s’assoie sur la cuisse de l’autre, ensuite que j’embarque par-dessus Dominique couché sur la plage.

Non, c’est bon, on a pogné notre limite, merci, bye.

Le retour se fait dans une sorte d’inconscience.

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Alex

Cette nuit, je rêve de mon ami Alex.

Il a changé d’emploi, il bosse maintenant au CRAM®.

J’assiste à une sorte d’opération mécanique et magique.

La pièce où se trouve son bureau se repliant sur elle-même, les meubles et tout, comme par couches extrêmement fines.

L’impression des filaments d’une tête de champignon.

C’est hautement technologique et incroyable.

Mon ami retrouvé est une sorte d’artiste en chef, un collègue et client thérapeutique.

Dans le rêve, je me dis que quelque chose ne va pas.

J’ai aussi des enjeux de stationnement.

Beaucoup d’aisance avec la conduite, par contre, c’est difficile de trouver une place convenable.

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Poissons

Ce matin, Dominique m’envoie une vidéo Instagram sur les signes du zodiaque.

À la question : quel signe cherche perpétuellement sa place ? la réponse : Poissons (moi).

On se demande si on change de chambre.

Proche de la place centrale, l’animation culmine entre 22h et 23h, ce qui nous agace, et la climatisation a ses limites, ce qui incommode notre sommeil davantage.

Le ventilateur au plafond fait un bruit aussi.

Grand classique des voyages dans le sud, avoir de la difficulté à dormir.

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Homme vrai

Aujourd’hui, c’est une journée relaxe.

On a prévu de marcher sur la plage, de visiter un coin avec un marché, une sorte de petit Québec.

Et ce soir, notre premier resto à la carte, le japonais.

Ça et le bouquin d’Yvan Devenir un homme vrai, plutôt qu’un vrai homme qui parle des différents masques que portent les hommes en commençant par les masques d’anti-virilité.

Le doux, par exemple, qui refoule son agressivité naturelle après avoir été culpabilisé dans l’enfance et cherche à éviter cette étiquette du méchant dominateur.

Après la marche sur la plage post-déjeuner, on trouve un spot face à la mer.

On doit sortir de l’eau, les drapeaux sont rouges aujourd’hui et des officiers nous somment de respecter la consigne de sécurité.

Il vente tellement que c’est difficile de lire.

Je suis content d’avoir résisté au barbecue extérieur, sauvant mon appétit pour le souper.

J’apprends la distinction entre les masques du charmeur et du séducteur selon Yvan, je m’identifie clairement plus au premier.

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Fatigue

Au resto à la carte japonais, les chefs offrent un spectacle en criant, faisant des blagues, chantant.

On nous sert une quantité astronomique de nourriture : riz frit, bœuf, poulet, crevettes.

Des serveurs remplissent nos verres de vin en continu.

Je sors de là fatigué.

On trouve un spot où s’asseoir avec un digestif, du rhum.

Je me sens comme éteint.

Dominique m’a fait une demande : est-ce que je peux raconter quelque chose, faire la conversation ?

OK, je parle de la vidéo qui mentionne que le Poissons est le signe du zodiaque qui cherche constamment sa place.

Que je me reconnais dans ça, que je me retrouve souvent à créer ma place dans une équipe ou un groupe au travail, par exemple.

Le show de fin de soirée est débilitant.

Beaucoup de cris, de jeux comme la chaise musicale.

Je me sens exaspéré.

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Cauchemar

De retour dans la chambre, on joue à un jeu de cartes pour éviter d’aller se coucher trop tôt et aussi éviter la télé.

En vieillissant, la qualité du sommeil devient d’une importance capitale.

Le lendemain, nous avons une activité de prévue : des chutes dans la jungle et une visite dans une sorte de sanctuaire de petits singes capucins.

Je n’arrive pas à m’endormir.

Mon cauchemar de voyageur se réalise : je vais aux toilettes, c’est de l’eau qui me sort du postérieur.

J’ai un frisson et un début de nausée.

Je passe ensuite la nuit à prier pour que ça s’arrange, je tiens à faire l’activité prévue.

Je retourne aux toilettes une dizaine de fois sans réussir à perdre conscience.

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Creux de vague

Vient le matin, je partage mon état à mon partenaire.

On se dit que c’est un empoisonnement alimentaire.

Juste d’en parler, je cours aux toilettes pour vomir.

Ça faisait un méchant bail que ça ne m’était pas arrivé, pas exactement mon activité favorite.

Je me sens mieux et je me raconte que je pourrais faire l’activité.

Toutes les fibres de mon corps physique me disent que je dois décliner, que je dois me reposer et je m’accroche, je tergiverse.

Le bus part dans moins d’une heure.

C’est là que je me branche sur mon Édifice intérieur.

Ce que j’y trouve d’abord sont des obstacles au respect de moi.

Au 3e étage, celui de l’identité, j’entends cette voix me raconter que je peux tout faire, comme si j’étais imbattable et invulnérable.

Je prends contact avec ma peur de décevoir, de déplaire à mon partenaire, peur de perdre l’amour et même qu’il soit fâché contre moi.

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Acceptation

C’est au 4e étage, au centre de mon Édifice, que j’accueille tout ça et que j’arrive à accepter la réalité.

J’accompagne Dominique et on tente une dernière négociation avec notre représentant : ne peut-on pas déplacer l’activité à demain ?

Non, ce n’est pas possible.

Je suis en paix, on aura essayé.

Je dis au revoir à Dominique qui va faire le trip en solo.

Je nous félicite de notre autonomie affective, j’arrive à me pardonner, la culpabilité s’apaise.

Je déambule comme un zombie à la recherche d’électrolytes.

Je dormirai pendant tout le reste de la journée, à travers les plaintes des paons qui beuglent leur vie en permanence sur le site.

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Revirement

On change de chambre, l’animation tapageuse est venue à bout de notre bonne humeur.

Retour à ma lecture, intro des masques anti-émotions.

Qu’on puisse en tant qu’homme avoir peur de ses propres pulsions au point de les surmonter à tout prix, de les refouler jusqu’à s’en couper complètement.

Très touché par l’histoire de cet homme qui, après avoir commis une interprétation désobligeante en chuchotant que tu étais avare de tes informations, Yvan, pour plus tard avouer directement son malaise en groupe, son désir de lire tes notes théoriques après l’atelier…

La congruence, la vulnérabilité, l’honnêteté et aussi ton ouverture à recevoir quelque chose comme une critique ; cette capacité d’affirmation me touche.

Sans surprise, je me reconnais dans plusieurs masques, d’ailleurs je me demande s’ils ne s’appliquent pas en général, peu importe le genre.

Dans la description de l’infaillible, ce qui résonne c’est d’avoir la réponse à tout, de prendre l’autre en charge, cette peur de perdre l’amour et l’approbation inaccessible avec toujours ce détail de non-perfection qui m’était souligné par ma mère.

Dans l’optique, je suspecte, de m’aider à viser l’excellence et de ne pas m’asseoir sur mes lauriers, dans une sorte de complaisance ; ce qui était un risque probable vu ce que je connais de ma personnalité.

Dans la nouvelle chambre, on est loin du lobby et de la musique infernale.

Et nous sommes déménagés le même jour que la fête du jeudi, le Beach Party Show où les animateurs encouragent des messieurs à une compétition de beuverie suivie d’un nombre de tours maximal sur eux-mêmes avant de se diriger de l’autre côté de la scène.

Heureusement, nous n’entendons presque rien.

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8e jour

Ce matin il pleut, on se dit que c’est annulé pour le catamaran, notre deuxième tour de bateau.

Au dernier moment, on fait notre sac, let’s go.

La pluie cesse, on passe une journée idyllique, l’ambiance sur l’embarcation est super.

Deux tours de snorkeling.

Je me trouve face à une créature transparente et bioluminescente, le genre que j’ai seulement vu sur le web.

Je reste longtemps à l’admirer en lui offrant mon appréciation.

Dominique aura une rencontre avec cette espèce — une méduse ? — dont la queue le marque à l’avant-bras.

L’équipage lui administre du vinaigre en guise de médicament.

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Portail

Vient un moment sur le filet où je me connecte avec l’esprit du soleil qui plombe sur moi.

Me connecter à l’esprit d’un être de la nature, c’est quelque chose que j’apprends dans mon parcours de la voix chamanique.

Les larmes montent finalement, je pleure pour moi.

Créature humaine si petite et si grande à la fois, sans aucun prétexte, je laisse l’émotion me traverser à mon plus grand bonheur.

Dominique a flashé sur une membre de l’équipage, Anaïs, Française qui a émigré ici il y a 10 ans.

Ça s’est fait progressivement.

D’abord à coups de 2 et 3 mois par année.

Elle a rencontré un homme ici et lorsqu’elle retournait à Paris avec lui, pendant 7 ans, c’était pour lui la déprime totale.

Ici les gens sont de bonne humeur, la vie est simple et la paperasse bien plus légère.

Elle nous donne ses contacts et la permission de partager son histoire.

Dominique est décidé, c’est ici qu’on va finir notre vie, en commençant par la phase snowbird.

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Eldorado

Sur mon X, ce n’est pas une autre recette facile pour vivre une vie de rêve, comme ce voyage dans le sud.

C’est un programme pour t’aider à te retrouver, retrouver du sens, de l’alignement et te rapprocher de tes désirs profonds.

Pour nourrir tes besoins fondamentaux au-delà de la survie matérielle, et au-delà de la pyramide de Maslow.

Pour dépasser la codépendance et l’insécurité relationnelle.

Ça passe par apprendre à mieux te connaître, connaître quelles sont tes motivations profondes, tes rêves.

Pour plus de satisfaction, de liberté d’être toi, de confiance et d’estime, pour profiter de ta vie, pour oser exister pleinement.

Dominique pense reporter son vol et poursuivre ses vacances en solo.

Je remercie Joyce Yahouda pour mon voyage, c’est entre autres grâce à une collaboration avec elle il y a plusieurs années, à titre de collaborateur pour sa présence web, que j’ai pu mettre de côté des sous qui me permettent aujourd’hui cette magnifique escapade.

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Authentique

Marie-Daniel Lussier sur Facebook avoue parfois vivre de l’inconfort quand elle prend un temps de qualité avec son chum, quand elle sent qu’elle s’est éloignée de lui alors que justement il s’agit d’un moment propice pour avoir une conversation authentique avec lui.

Pour ma part, ce que j’observe dans ma personnalité naturelle, c’est assez dynamique, extraverti, interactif, participatif et même parfois dominant en relation.

Je ne laisse pas ma place.

Et quand j’arrive en relation avec mon partenaire de vie, plusieurs facteurs extérieurs et intérieurs laissent place à autre chose qui fait surface.

Ça peut être un besoin de repos par exemple, comme si j’avais l’occasion de changer de vitesse, de modalité.

Pas que je sois fake dans mes autres relations, plutôt que celle-là me sert à vivre des dimensions bien spécifiques, des parts de moi qui ont moins tendance à vouloir se montrer, la mélancolie, un fond de tristesse dont j’ai parlé plus tôt — en ai-je parlé ?

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Défensif

Souvent, ma personnalité ordinaire cherche à argumenter, à avoir raison.

Je peux alors, avec plus ou moins d’élégance, offrir des réponses, des conseils et du soutien, de la prise en charge.

Je reconnais plusieurs aspects positifs de cette attitude, surtout dans un rôle de conseiller ou d’enseignant, par exemple.

J’admets un côté plus sombre de ce comportement, un élan plutôt défensif de supériorisation où je cherche à remettre l’autre à sa place, à le corriger.

Ces jours-ci j’observe que je fais ça afin de — et c’est le plus souvent inconscient — me valoriser en me plaçant au-dessus de mon propre sentiment refoulé d’infériorité, duquel je cherche à me défendre.

Ainsi, en ayant le dernier mot, je veux me prouver à moi-même que j’ai de la valeur, que c’est moi le meilleur, que je suis aimable et préférable à d’autres, que je ne risque pas de finir seul dans un coin parce que je serai choisi.

Ironiquement, cette défensive de supériorisation, d’argumentation, de domination fait tout le contraire.

Tôt ou tard, elle m’éloigne des personnes que j’aime parce que c’est aliénant.

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Équilibre

Quand je suis avec mon conjoint, par la nature de notre lien et le travail que nous avons fait sur nous-mêmes — et que nous poursuivons d’ailleurs en continu — cette tactique d’argumentation, de domination, tombe et je me retrouve comme nu dans une posture bien plus humble.

Un masque tombe.

Mon partenaire, par exemple, réfléchit souvent à voix haute, posant des questions.

C’est un bon exercice à vivre pour moi, je me vois chercher la réponse et, le plus souvent, admettre que je ne sais pas.

Ça peut me faire vivre du malaise, de l’impatience même.

Alors je n’ai comme plus rien à dire, je peux aussi toucher à l’ennui et à un sentiment de vide intérieur.

C’est quelque chose qui m’effraie, j’apprends au quotidien à accueillir tout ça.

J’ai compris que chercher à repousser ce vécu souffrant n’est pas la solution.

Je meuble encore : avec du travail, je consomme plus que ce dont j’ai besoin, j’accumule les activités sociales, parfois au-delà de mes propres limites dans le but inconscient d’échapper à cet ennui et cette peur du vide.

Avec mon partenaire de vie, j’ai cette occasion magnifique et terrifiante d’apprivoiser la personne authentique qui se trouve derrière ses comportements défensifs.

Et le malaise que je vis par moments est un petit prix à payer pour cheminer vers mon être profond.

Au final, je suis plusieurs choses, un extraverti qui cherche la stimulation intellectuelle et le jeu, et aussi un intro complexe qui souhaite rencontrer ses propres profondeurs.

La relation avec mon chum m’offre de l’équilibre.

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Histrionique

Rêve : je donne une réception dans une grande maison avec plein d’invités.

Je suis très énergique, jouant du charme avec plusieurs.

Dans la cour se trouvent des voitures luxueuses.

Les convives quittent la fête progressivement et j’offre des accolades.

Je reçois de l’attention, de l’appréciation, de la reconnaissance.

Ce rêve me parle de ma personnalité, de mes tendances grégaires et de mes traits histrioniques (qui désigne un désir théâtral d’attirer l’attention sur soi).

Quand je suis en contact avec des personnes qui m’apprécient, qui m’envoient des signaux que j’interprète positivement — des sourires, des regards amusés — je peux devenir comme électrifié.

Ça nourrit mon désir de sentir que j’ai de la valeur pour l’autre, ce que je trouve particulièrement sécurisant.

Ça me rassure dans mon besoin de valider ma propre valeur, alors qu’une partie inconsciente et ombreuse croit que je n’en ai pas.

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Évoluer

Je pourrais me raconter que ce sont des besoins et des désirs de l’ego et tenter de les réprimer, de me castrer ; ce qui leur donnerait plus de pouvoir encore sur moi et sur mes comportements.

D’ailleurs, en acceptant et en assumant ces besoins de la personnalité, comme l’explique Colette Portelance dans ses ouvrages au sujet des besoins fondamentaux, j’avance sur le chemin de l’amour de soi.

Je trouve plus de paix, j’arrête de me battre avec moi-même, avec ma honte introjectée, avec ma culpabilité irrationnelle.

Je trouve de l’équilibre entre les besoins de l’être, comme celui d’aimer, et les besoins de l’ego, comme celui d’être aimé.

Cette recherche d’équilibre, cette harmonisation entre l’âme et l’ego, entre le spirituel et le matériel, c’est au centre de mon cheminement.

Je ne suis pas un ange ni un démon.

Je suis, comme nous toutes et tous, le divin incarné dans une forme humaine.

Avec ses défis, ses joies et l’occasion formidable d’être vivant ici et maintenant.

Condition essentielle pour évoluer.