Ça y est, je termine la formation de base de 3 ans au Centre de relation d’aide de Montréal (CRAM) pour pratiquer en tant que TRA, thérapeute en relation d’aide®. J’accueille mes « vrais » clientes et clients dès le 19 juin 2023.
C’est excitant !
Il me reste encore la semaine d’intensif. Et sur le plan académique, cette troisième année est bien terminée : j’ai rempli les critères, passé ma dernière supervision, remis tous les travaux et attestations.
Dans les derniers trucs à compléter, il me restait une pratique d’une méthode que nous apprenons au CRAM : la prise de décision. Comme toutes nos pratiques, je devais le faire en tant qu’aidant et en tant qu’aidé.
Cette méthode est particulièrement utile pour les personnes au prise avec un dilemme, une décision à prendre.
Avancer dans l’inconnu

Au CRAM nous apprenons à explorer notre monde intérieur : nous allons à la rencontre de la dimension irrationnelle, composée d’images, de sensations, de vécus, d’émotions, de zones sensibles, de besoins, de peurs et de ressources parfois insoupçonnées.
Quand je me dépose et que j’y prête attention, ce monde invisible devient palpable et peut m’orienter dans mes choix.
Cette gymnastique m’aide à saisir mes motivations, tout comme mes obstacles intérieurs. Ça m’aide aussi à sortir de mes mécanismes automatiques qui me gardent dans les mêmes patterns et perpétuent des situations insatisfaisantes.
Continuer ou m’arrêter
Ma grande question pour l’exercice : vais-je enchaîner avec une formation avancée dès septembre ou prendre une pause de l’école ?
Accompagné par une collègue de classe, je suis allé visiter le territoire de ma psyché, ce qui m’habite quand je songe à chacun des scénarios, pour identifier celui qui serait le plus satisfaisant pour moi.
Voici ce qui est ressorti de cette exploration.
A — Courir

Avec l’option 1, celle de poursuivre avec une formation avancée, je me suis vu en train de galoper sur un cheval. Il y avait quelque chose du mouvement qui se perpétue. J’avais déjà un air d’aller, et l’élan de continuer dans cette voie.
En m’imaginant suivre cette formation, je goûte au plaisir de rester dans ce mouvement de professionnalisation, de continuer d’acquérir des compétences.
Ce scénario m’attire pour la stimulation intellectuelle et pour nourrir un sentiment d’appartenance également. Ce serait une façon de ne pas quitter l’école trop brutalement. Je me suis attaché à cette vie d’étudiant et à mes collègues aussi…
Je porte cette peur de perdre le contact avec eux.
J’ai touché aussi à mon besoin de contribution. La formation en question est celle pour devenir régulateur (!) Les régulatrices et régulateurs aident les TRAs à débloquer, on va dire, lorsqu’ils tournent en rond avec une cliente ou un client et ont besoin d’aide pour se sortir d’une sorte d’impasse.
B — Ralentir

En explorant l’option 2, celle de prendre une sabbatique scolaire et remettre à plus tard cette formation avancée, j’ai tout de suite touché à ma fatigue.
La formation de base pour devenir TRA m’en a fait voir de toutes les couleurs. Je me sens comme si j’avais rénové une maison au complet, du toit au sous-sol. J’en ai envie de cette pause, envie d’arriver dans la maison et d’en jouir tout simplement.
Ça me fait voir mon besoin de repos.
Une expression est montée : « prendre soin ».
Prendre cette pause, ça veut dire plus de temps et d’énergie pour moi, pour mon couple, pour mon équilibre…
Il n’y a pas si longtemps, je découvrais que je peux vivre de l’angoisse ! Cette pause, elle me permettrait de ralentir, de respirer, d’ancrer ma pratique professionnelle dans un quotidien avec un peu plus d’espace pour me ressourcer.
Dans ce scénario, je connecte avec cet élan de me recentrer, pour bien vivre ce point de bascule, ma vie de travailleur autonome qui prend un nouveau tournant.
Personnalité vs être

Ce qui m’aide à trancher dans mon dilemme, c’est d’identifier la source de mes motivations dans chacun des scénarios.
Dans le premier, où je continue à galoper sur le cheval de mon ambition professionnelle, je suis surtout animé par des besoins de la personnalité : stimulation intellectuelle, fierté de me professionnaliser davantage et sentiment d’appartenance avec mes collègues de classe.
Dans le deuxième, où je descends du cheval pour marcher au niveau du sol, je suis plutôt animé par les besoins de l’être : équilibre, me déposer, prendre soin de moi, de mon couple, de mes limites, honorer cette construction que je viens juste d’achever.
Et c’est aussi mon besoin de contribuer, de servir, qui me porte. Je veux bien faire dans mon travail. Pour ça, je sens que j’ai besoin de revenir à moi, d’adopter un rythme plus doux, tout en continuant d’intégrer l’approche non directive créatrice (ANDC)® dans ma vie de tous les jours.
Ça me demande aussi de me faire confiance, de lâcher prise et d’avoir la foi que je pourrai remonter en selle le moment venu. Dans un an ou deux, je ne sais pas encore.
Vous devinez ce que j’ai choisi
J’ai décidé de prendre une sabbatique scolaire d’un an minimum pour me concentrer sur moi et sur ma pratique de thérapeute.
C’est rempli de joie, de foi et de fébrilité que j’avance dans cette vocation d’accompagnant, pour aider les personnes à transformer leur vie grâce à cette merveilleuse approche.
Je reste humble face à cette responsabilité, ce n’est pas quelque chose que je prends à la légère !
Merci d’être là et de suivre cette aventure.
Éric
P.S.: si tu connais quelqu’un qui souhaite entamer une démarche thérapeutique : je pratique le lundi durant le jour, en présentiel à Montréal.