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Nom sanskrit : Anahata [Anāhata]
Emplacement : centre de la poitrine
Plan physique : cœur, poumons, système cardiovasculaire
Symbolique : joyau qui exauce les souhaits
Élément : air
Couleurs : vert et rose
Nombre de pétales : 12
Ressources énergétiques : connexion à l’être (âme), ouverture, présence, générosité, passion, gratitude, acceptation, pardon
Préoccupations : ressenti, vœu, relations interpersonnelles
Besoins : amour, affection, beauté, joie, connexion, communion, authenticité, douceur, chaleur, écoute, empathie, accueil, espace, équilibre, sécurité relationnelle, harmonie, paix
Sagesse : le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point
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4e chakra XYZ

La personnalité du 4e chakra peut être chaleureuse, enveloppante, aimante, inspirant la confiance et la détente, ou au contraire se montrer insécure, nerveuse, tendue et contrôlante.
Noyau central du corps énergétique, c’est dans le chakra du cœur que nous éprouvons les sentiments.
De nature atmosphérique, il s’agit d’un centre féminin hautement réceptif.
Si le 2e chakra est le centre du désir et des plaisirs sensuels, le cœur est le siège de la joie et du beau (des besoins spirituels).
Alors que le 3e chakra concerne la volonté et l’ambition personnelle, le cœur est l’espace d’où nous émettons nos vœux, prières et souhaits pour nous-même comme pour les autres.
Depuis ce centre sensible, nous pouvons vivre des sentiments agréables : appréciation, gratitude, affection et attachement.
C’est aussi dans cet espace que nous ressentons tristesse, déception, ressentiment et amertume.
Nier ou réprimer les sentiments, agréables ou désagréables, aura pour effet d’alourdir le cœur, et le système énergétique tout entier en sera affecté, ainsi que nos relations.
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Envol

L’élément du 4e chakra est l’air.
Le cœur a quelque chose de rebelle : avide de légèreté, il s’épanouit dans le clair-obscur.
Fuyant les néons du labeur, il préfère la douceur des lumières tamisées.
Dans la tradition hindoue, on dit de l’énergie du cœur qu’elle va dans toutes les directions. Une façon d’évoquer ses qualités de passion, de volatilité et d’autonomie.
On lui attribue la gazelle comme animal symbolique, une bête vive qui bondit dans tous les sens.
Le cœur est un espace où nous pouvons entendre et suivre (ou pas) notre « petite voix ».
Cette voix est celle de l’âme ou (si vous préférez) de notre intuition, qui murmure et nous pousse à prendre des détours inattendus sur notre chemin de vie.
C’est par le cœur que nous accédons à notre vie intérieure et où nous pouvons faire l’expérience de phénomènes qui dépassent la raison : l’amour désintéressé, le pardon, la pitié.
La pitié (au sens de miséricorde), c’est l’ouverture du cœur, une étape initiale pour enchaîner vers la sympathie, l’empathie et finalement la compassion : action ou secours charitable pour soi et pour les autres.
Lire aussi : Explorer la pitié avec Caroline Bied
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Ensemble

L’énergie de l’organisme, qui prend son essor depuis la terre avec le premier chakra (racine), va à la rencontre de l’autre au deuxième chakra (sacré) et affirme son individualité au troisième chakra (solaire), évolue au niveau du cœur vers un espace de socialisation.
Centre voué aux relations interpersonnelles, le cœur est ce lieu où nous ressentons une certaine vulnérabilité, parce que la vie affective suppose l’interdépendance avec les autres.
Interdépendance parce que nous avons besoin les uns des autres.
L’humain est un être de lien, essentiel à sa survie individuelle, à celle de son espèce et au-delà.
Nos liens avec les autres nourrissent tellement de besoins en nous : connexion, échange, partage, soutien, affection, amour…
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Débalancement

Quels sont les défis d’un quatrième chakra débalancé ?
Overdrive : lorsque le cœur s’emballe, il peut exacerber la susceptibilité (hyper-réactivité) de l’individu. Une personne au cœur tendu peut avoir de la difficulté à accepter et accueillir les sentiments qui émergent en elle.
Cette disposition peut contribuer au fonctionnement de sauveur : lorsqu’on va à la rescousse de l’autre pour éviter d’accueillir l’impuissance face à sa difficulté, par exemple.
Un cœur qui s’offre sans égard pour ses propres limites peut se perdre dans l’autre et vivre une fatigue d’empathie. Le ressentiment accumulé durcit le cœur et peut entraver l’équilibre et la guérison de l’organisme tout entier.
Sous-stimulé : l’apathie, l’amertume et la tristesse (dont on ne s’occupe pas) peuvent nous déprimer, nous couper de la joie de vivre. Nous pouvons alors nous laisser tomber, nous tasser, nous isoler, nous manquer de respect, ne pas nous écouter, etc.
Le cœur aigri peut se fermer et se cacher derrière des attitudes qui le maintiennent dans l’ombre : ironie, sarcasme et cynisme.
Cette disposition s’accompagne souvent de victimisation, de déresponsabilisation et de désengagement de soi. Nous pouvons alors manquer de courage pour faire face aux défis de la vie, nous sentir abandonné et souffrir de l’illusion de séparation, d’être déconnecté de soi et des autres.
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Faire circuler l’énergie du 4e chakra

Activités : Se détendre, s’arrêter pour revenir au souffle, à soi, à son monde intérieur, sonder ses propres sentiments, ses motivations profondes et sincères, tout particulièrement ce qui nous semble inavouable. Faire une action bénévole et gratuite, aider des personnes de manière non intéressée. S’ouvrir sur nos sentiments véritables en relation. Échanger un câlin prolongé avec une personne qu’on aime. « Breathwork » pour prendre contact avec le souffle sacré, se nettoyer de la colère, de la tristesse et de l’abandon de soi. Cohérence cardiaque. Joindre un groupe ou une association communautaire. Tout exercice physique qui contribue à ouvrir la cage thoracique (yoga, natation, etc.). Activités qui procurent plaisir et décompression, danser, chanter, voir de bons amis, offrir et recevoir. Observer le silence, méditer, prier.
Méditation : Metta, amour bienveillant
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Intérieur

Le cœur entend de l’intérieur un son venu d’ailleurs.
Le nom traditionnel du chakra du cœur en sanskrit, Anāhata, signifie « son non frappé » ou « son non produit », une vibration intérieure perçue en méditation profonde.
Contrairement aux sons créés par une source physique (vent, instruments, voix), ces sons existent spontanément en nous, selon les enseignements du yoga.
Cette dimension d’Anāhata est associée à l’harmonie, à l’amour inconditionnel et à la connexion avec soi-même et les autres. — Wikipedia
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Dualité

Le chakra du cœur, clé de la vie intérieure, met en relation le corps physique, l’esprit et l’énergie subtile de l’être, favorisant l’équilibre de l’individu.
Au sens littéral comme au figuré, le cœur est le moteur d’où pulse la vie qui circule dans l’organisme tout entier.
Tout comme le cœur-viscère se trouve au centre du système physiologique, le cœur mystique est situé à l’épicentre de l’édifice énergétique.
Au croisement des deux pôles de l’individu, il joue un rôle de pivot entre sa fondation (base) et son expression (sommet).
L’autrice à succès et intuitive médicale Caroline Myss, reconnue pour son expertise en énergétique et en développement spirituel, illustre bien ce rôle de médiateur en soulignant que l’être humain oscille constamment entre son besoin de survie et son élan créateur.
Le cœur est ainsi appelé à négocier entre les 3 chakras de la survie matérielle, ceux qui se trouvent sous le diaphragme, et les 3 chakras situés au-dessus du cœur, qui gèrent les énergies plus subtiles et concernent l’expression et la conscience.
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Cœur créateur

En guise d’enterrement de vie de garçon, j’ai demandé à mon homme d’honneur s’il pouvait arranger une rencontre avec une ou un chaman.
J’avais ce fantasme d’un rituel de purification avant de me marier.
La personne qu’il a trouvée m’a transmis des messages d’ancêtres et d’esprits bienveillants en lien avec ce passage important.
Elle a aussi échangé avec une part de moi qui correspond à mon enfant intérieur et qui réside dans mon cœur.
Je me suis reconnu lorsqu’elle m’a partagé l’attitude nonchalante avec laquelle il lui confirma qu’il pouvait créer tout et n’importe quoi à sa guise.
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Rencontre

Dans cet espace entre les mondes, les esprits communiquent avec des images plutôt qu’avec des mots, un peu comme dans un rêve.
Une image qui revenait était celle du Golden Bridge, le fameux pont de San Francisco.
Elle demanda pourquoi il lui montrait ce pont, et sa réponse continue de vibrer fort pour moi :
Pour bâtir un pont, chaque détail compte : chaque boulon, chaque mesure, chaque ajustement doit être pensé et exécuté avec précision.
C’est le rôle de l’architecte en nous, cette part rationnelle qui calcule, anticipe et structure.
Et au-delà des plans et des calculs, le pont se créé à partir du cœur.
Cette histoire de pont me parle d’amour.
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Aimer

L’amour (de soi, de l’autre, de la vie) se trouve au croisement de plusieurs pratiques — artistique, spirituelle, thérapeutique — qui font partie intégrante de moi.
Si le cœur joue le rôle de médiateur entre la survie matérielle et l’expression créatrice, c’est aussi lui qui émet et reçoit l’amour.
Qu’est-ce que l’amour ?
Une question universelle qui a mille réponses selon les cultures, les époques et les expériences personnelles.
Ces jours-ci, j’aime concevoir l’amour comme une forme d’inclusivité : aimer, c’est faire de la place pour soi, pour l’autre et pour la vie.
À partir de cet espace de liberté, d’acceptation et d’accueil de ce qui est, nous pouvons construire des ponts relationnels pour se rencontrer soi-même et pour rencontrer les autres.
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Offrir et recevoir

Je crois qu’offrir gratuitement, de « bon cœur » et de « bonne foi », est un acte de guérison pour soi d’abord, et dans un deuxième temps pour l’autre et pour la relation.
Encore faut-il que ce don soit authentique et congruent, dans le respect de soi et de ses limites.
Recevoir aussi est un acte de générosité : c’est honorer la personne qui offre, c’est lui donner beaucoup d’importance.
Recevoir permet à l’autre d’offrir et d’être reçu, c’est un cadeau que de recevoir humblement ce qu’on nous offre.
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Écouter

Dans le bouddhisme mahayana, le bodhisattva fait le vœu d’aider d’abord les autres êtres sensibles à s’éveiller, retardant sa propre libération. — Wikipédia
L’image que j’ai choisie pour illustrer le chakra du cœur est un dessin d’Avalokitésvara.
C’est ma « déité tutélaire », l’archétype spirituel que j’ai choisi comme modèle ultime.
Probablement la divinité bouddhiste la plus populaire d’Asie, il s’agit d’un bodhisattva, un être sur la voie de l’éveil qui décline l’entrée au nirvana pour libérer tous les êtres du samsara, monde des cycles éternels des renaissances et de la souffrance.
Ce bodhisattva incarne la compassion du Bouddha. Il représente pour moi et des millions de personnes la plus haute forme de bienveillance.
Son nom, qui veut dire « seigneur qui écoute », me rappelle de contacter l’espace intérieur du cœur que je peux sonder pour entendre et accueillir mon être qui s’y trouve.
Avalokitésvara nous invite à être plus compatissants avec nous-mêmes et avec les autres, en offrant simplement notre écoute, notre présence bienveillante, dans l’ouverture et sans jugement.
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Être

C’est souvent un défi de simplement être là, ouvert et à l’écoute de ce qui se meut en soi.
La spiritualité, la foi et la passion se trouvent dans le cœur, c’est là que nous pouvons les contacter.
Et ce n’est pas toujours facile de rester dans cet état plus qu’un instant.
L’être est comme un tympan, qui résonne et vibre aux différentes fréquences qui le traversent.
Tout être humain est imparfait et pris dans une lutte entre des préoccupations de survie matérielle (insécurités financières et relationnelles) et des pulsions de vie créatrice qui font appel à des fréquences plus subtiles.
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Pratiquer

J’éprouve parfois de la difficulté à seulement être.
J’ai plutôt l’habitude de faire : exécuter, accomplir, performer, démontrer, expliquer.
Avec ma thérapeute, je me pratique à juste être là en relation.
Cet exercice peut éveiller des peurs irrationnelles chez moi, comme la peur d’être découvert, d’être démasqué comme si j’étais une mauvaise personne qui devait se cacher derrière un personnage plaisant et agréable en tout temps.
C’est ce que j’appelle du « shadow work« (travail de l’ombre) : contempler et accepter de rester avec des parties inconfortables de sa psyché comme les peurs et les croyances limitantes.
Ça peut augmenter ma capacité à vivre l’inconfort au lieu de l’éviter.
Voir et entendre mes peurs, les accueillir, c’est une démarche qui est bien délicate et demande un cadre sécuritaire.
Parfois je n’arrive pas à le faire seul et je constate que d’accueillir le vécu en relation contribue à apaiser (en relation, justement) mes blessures du cœur.
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Accepter

Se sentir abandonné, rejeté, humilié et trahi sont des expériences universelles.
Accepter de contacter notre vulnérabilité humaine peut nous aider à apaiser nos zones sensibles.
Comme quand j’ai avoué mon amour (platonique quoique intense) pour ma voisine, malgré la peur qu’elle me rejette.
J’avais tant envie d’être aimé par elle en retour alors que c’était là, de l’amour tout simple, rien de compliqué en fait.
On peut souffrir quand on doute d’une vérité, en ne reconnaissant pas l’amour qui est déjà là.
Par peur de perdre ou d’être déçu, que notre désir ne soit pas correct et pas réalisable.
S’avouer cette vulnérabilité, c’est sortir du cynisme, c’est se donner de l’importance et se permettre d’offrir et recevoir l’amour dont on a besoin.
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Accueillir

L’être demeure un mystère qui ne s’offre pas à la raison qui voudrait le soumettre à sa compréhension.
Avec les personnes que j’accompagne, je continue de pratiquer l’accueil du cœur.
Accueillir c’est « être avec », c’est écouter, faire de l’espace pour ressentir ce qui est là qui est prêt à être vu, entendu et intégré.
Comment on fait ça, accueillir ?
Ce n’est pas quelque chose à faire ; c’est plutôt une modalité de l’être.
Dans un espace de présence à soi, nous pouvons être témoins de ce qui émerge.
L’être se révèle plus aisément dans la douceur, la présence, l’écoute et le lâcher-prise.
Pour moi, ça passe par la détente, la centration, la respiration, l’écoute de soi, du corps, du vécu, des sentiments et parfois l’écoute de rien en particulier (nada, vacuité).
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