La photographie dans l’œuvre d’Andy Jean
Commissaire : Éric Bolduc
22 au 28 juin 2008
galerie Arte Bella

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Andy Jean, de la série Paradis perdu

Andy Jean n’est pas un photographe. Il passera des heures sur certaines images qu’il n’utilisera pas, s’aidant de compagnons collaborateurs experts en photoshoping afin d’aboutir à une facture ultime. L’image choisie sera par la suite tronquée, brutalisée, pixelisée, balancée et débalancée, manipulée et remanipulée. Parfois, elle sera intégrée dans une installation, au alors imprimée sur de la toile, collée sur une plaque de métal, s’intégrant dans une composition graphique.

L’œuvre d’Andy Jean ne saurait se résumer à la photographie, qui n’est pour lui qu’un point de départ. Pourtant, le pouvoir d’évocation propre aux images brutes, non-retouchées, est si fort qu’il mérite notre attention. Au premier coup d’œil on reconnaît une démarche contemporaine. Certaines thématiques renvoient tantôt aux photos de Jessica Auer, tantôt à celles de Nan Goldin.

J’ai vu dans la démarche d’Andy une série de symboles qui s’inscrivent à la queue leu-leu dans un cheminement spécifique. Le paradis n’est pas extérieur à nous-mêmes et c’est là un bien grand drame. Ce que nous avons perdu relève de notre connexion avec notre personne véritable. Il s’agit de notre enfant intérieur blessé, exclu, abandonné et laissé derrière. Tel un long processus de guérison, de permission que l’on s’octroie à soi-même, de retrouver le droit d’être là et d’être bien. Ce cheminement commence par un premier pas, là où on nous a laissé, à l’extérieur. Petit à petit, avec beaucoup d’efforts, nous trouvons la force de nous aventurer de nouveau dans le monde. C’est de cette réintroduction de soi-même dont il s’agit, de ces premiers pas qui se font d’abord à l’intérieur. De là peut-être la force poétique qui en ressort.

Enfin, la joie, l’extase de l’acceptation de soi et de la vie, le paradis retrouvé.
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Andy Jean is not a photographer. He will spend hours on images he will not use, getting help from collaborators-companions expert in photoshoping in order to get an ultimate finish. The chosen image will then be processed, brutalised, pixelized, balanced and unbalanced, manipulated and manipulated again. Sometimes, it will be integrated in an installation, or printed on canvas, glued on a metal plate, integrated in a graphic composition.

Andy’ work could not be reduced to photography, which is to him a mere starting point. However, the evocative power of the raw, untouched images is so strong that it deserves our attention. At first glance, we recognize a contemporary practice. Thematic corpuses emerge by themselves and remind us of the photographs of Jessica Auer and of Nan Goldin’s work.

I saw in the work of Andy a series of symbols that find their place on a specific path. The paradise is not outside of us and that is the real drama. What we have lost has more to do with our connexion with our true personae. It is our wounded child, excluded, abandoned and left behind. Like a long healing process, one of permission that we must grant ourselves, of asking for the right to be there and to be well. This process starts with a first step, where we were left, outside. Little by little, with many efforts, we find the strength to venture in the world again. It is this reintroduction of ourselves which is the true subject here, of this progression made first inside. Perhaps that’s where stems such poetic force.

Finally, the joy, the ecstasy of acceptation of ourselves and of life, the paradise found.

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