Samedi et dimanche, 22-23 avril 2017, 11h30
papiermontreal.com/programme

Visite guidée de la foire Papier en compagnie d’Éric Bolduc.
Départ du Salon Banque Nationale, durée approximative : 60 minutes.

Présentée par Banque Nationale Gestion privée 1859

Le papier est un matériel qui renvoie naturellement au dessin, à l’aquarelle, à l’estampe et au collage … On oublie souvent que la photographie est aussi un médium traditionnellement lié au papier. Le procédé photographique débute avec les faisceaux lumineux qui passent par l’ouverture d’une chambre noire jusqu’à une surface sensible à la lumière, habituellement un film (photo analogique) ou un capteur numérique (photo numérique). Cette captation est traitée, par des actions chimiques ou électroniques, puis imprimée sur du papier. En résulte des œuvres à la fois délicates et précieuses, dont la valeur commence à être reconnue depuis quelques années sur le marché de l’art.

L’avantage de privilégier un médium dans une visite comme celle-ci est que ça réduit le champ d’exploration. Ce « focus » nous permet de comparer les approches artistiques de praticiens qui ont un aspect en commun (le médium) pour mettre en lumière les particularités propres à la démarche de chacun.

Le temps aussi est une limite structurante, nous n’allons donc pas élaborer plus longtemps sur les spécificités techniques de la photographie. Plutôt, nous allons tout de suite porter notre attention sur des œuvres photographiques qui se trouvent ici, à notre point de départ.

Jessica Eaton – Salon BN

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Jessica Eaton, Pictures for Women, collection Banque Nationale

Jessica Eaton, spécialiste de la théorie de la couleur, étudie les formes que prend la lumière visible et multiplie les exercices pour nous en montrer d’innombrables variations. Tout le travail se fait en mode analogique, souvent suivant un procédé de séparation des couleurs, et sans intervention numérique. Elle touche au cœur du photographique, puisqu’elle emploie les moyens propre au médium pour en démontrer les propriétés structurelles. Une méthodologie minutieuse et rigoureuse se trouve derrière les images d’une beauté captivante, souvent de nouvelles formes d’abstractions qui s’apparentent étrangement à l’esthétique de la peinture.

Annie Baillargeon – Galerie D’Este

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Annie Baillargeon, Été, 2017

Artiste visuelle pluridisciplinaire dont la pratique intègre performance, vidéo, peinture et photo-montage, ses œuvres abordent les thèmes de la culture pop, punk, la mort et la fête. Depuis quelques années, celle qui est connue pour ses collages photo-numériques qui ressemblent à des mosaïques, rajoute une couche supplémentaire au processus déjà élaboré. Tout d’abord il y a l’aspect performatif, à la base du travail, où l’artiste – influencée par la musique et la danse – se met en scène et capture des images d’elle-même dans différentes postures ; ensuite elle entame le travail fastidieux du montage numérique où elle choisit et traite les images individuelles, les arrange dans la composition ; finalement, elle intervient sur l’œuvre imprimée avec l’aquarelle et la gouache, en faisant des œuvres uniques (irreproductibles) et singulières.

Sorel Cohen – Galerie La Castiglione

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Sorel Cohen, After Bacon/Muybridge

Cohen tisse des liens originaux entre la photographie, la peinture et l’histoire de l’art. Comme pour Annie Baillargeon, sa pratique implique à la fois la performance et la photographie. After Bacon/Muybridge fait référence aux tableaux de Francis Bacon, où figurent des hommes accouplés. Par de longues expositions pour obtenir un effet de flou, Cohen cherche à saisir la sensualité picturale et l’atmosphère érotique des peintures. La séquence montrant des images de lutteurs en action, renvoie directement à l’approche scientifique de Muybridge.

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