La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité.

Organisation Mondiale de la Santé

Pour cultiver le bonheur et la santé, il est impératif de voir à sa survie sur le plan matériel, entre autres. Ceci est vrai pour tou.te.s, incluant les artistes et créatif.ve.s de ce monde. 

Or, dénicher un emploi « qui nous convienne » peut sembler une tâche gargantuesque, voire impossible. Un peu comme affronter le grand vide sidéral, à la recherche d’une planète habitable.

Avril 2020, mon emploi chez Spiralis prend fin, pour des raisons essentiellement économiques. Je vais vous avouer que ce n’était pas le seul motif: malgré des efforts d’adaptation de part et d’autre, ma contribution n’était pas jugée pleinement satisfaisante.

J’avais le cœur brisé, comme lors d’une rupture amoureuse.

S’ensuivit une aventure remplie d’incertitudes, de frustrations, de tentatives infructueuses… et d’un aboutissement heureux!

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Voyage du héros / de l’héroïne

Cette traversée, avec ses hauts et ses bas, a suivi un parcours archétypal. Je vous invite à poursuivre votre lecture pour la petite histoire, ou à sauter à l’étape de votre choix en cliquant le lien correspondant:

  1. Le choc
  2. La quête
  3. La percée
  4. Le dénouement

Mes guides

Ce genre de situation critique nécessite plus que la pensée ordinaire et fait appel à des forces innées et acquises au cours d’une vie.

Les outils qui m’ont aidé à progresser dans ma quête vers le dénouement final: ma pratique spirituelle, la pensée symbolique, la Communication NonViolente (CNV) … et mon réseau LinkedIn.

1. Choc planétaire — Impact individuel

Ce fut d’abord un processus de deuil. Malgré les tensions, je chérissais mon emploi chez Spiralis, qui représentait pour moi une victoire professionnelle. Avec cette occupation, j’avais réussi l’exploit à la fois de changer de domaine (de travail culturel au développement personnel) et d’obtenir un poste stratégique (de coordonnateur à directeur adjoint).

Intermédiaire entre mes collègues et la clientèle, je vivais un écueil multiple. J’étais triste de laisser une équipe qui m’avait adopté, tant bien que mal, et aussi une communauté d’apprenant.e.s de la CNV. Je perdais ainsi une occupation éthique, l’accès aux formations avancées et toute une culture centrée sur les personnes.

Ça a confirmé que l’éthique, l’humanisme et l’évolution sont des valeurs cruciales pour moi.

La question qui tue!

Ça m’a aussi, forcément, fait replonger dans la grande question « qu’est-ce que je veux faire dans la vie — quel type d’emploi me convient? ».

Une petite voix me tourmentait: « tu ne trouveras pas mieux ». Inquiet et refoulant mes émotions négatives, les réponses ne me sont pas venues tout de suite.

Accepter

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Dès l’approche du raz-de-marrée Covid et de l’impact prévisible pour les entreprises, j’étais très angoissé de perdre mon emploi — jusqu’à ce que je le perde.

Sur le coup, j’ai d’abord tenté de marchander avec mes patron.ne.s. Lorsque j’ai compris que la décision était sans appel, je me suis rallié à la situation et j’ai pu entamer mon deuil: de la sécurité, de la stabilité, de la prévisibilité, d’appartenance aussi, des relations avec des collègues et des participant.e.s, d’une situation, d’une identité… la liste était longue.

Entrer en contact avec son esprit

Je ne suis pas toujours en contact avec ce que je vis, avec mes émotions et mes sentiments véritables. Mon système nerveux a appris à censurer mon ressenti de façon plutôt efficace, pour me protéger de l’intensité de ma vie intérieure je présume.

Et là — dans la situation que je craignais le plus — j’ai senti quelque chose en moi de solide comme une montagne, quelque chose d’immuable. Une voix me disait que ça se passerait bien pour moi. C’était là quelque chose d’irrationnel et pourtant, je ressentais cette certitude très clairement.

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Mes tripes me disaient que je n’avais rien à craindre

Je me suis demandé si c’était de la confiance. Ce que je ressentais ne « goûtait » pas la confiance toutefois. La confiance a besoin de raison pour s’établir. Et je n’avais aucune raison logique sur laquelle fonder ce sentiment de sécurité.

J’ai compris qu’il s’agissait plutôt de foi: j’avais foi en moi, en mon avenir. Ça m’a aidé à me détendre et entreprendre le travail, d’identifier ma destination et me mettre en marche.

Cette voix irrationnelle, qui ne résonnait pas dans ma tête — je la ressentais plutôt dans mes tripes — m’a accompagné tout au long du voyage.

2. La quête

Bien que je « sentais » que les choses allaient bien se passer pour moi, je n’allais pas rester là à attendre que ça se fasse tout seul. Je sentais également l’urgence de mettre mes méninges en marche et maintenant!

Cette question « ce que je veux faire dans la vie » — que j’ai vécue tel un kōan (paradoxe ne sollicitant pas la logique ordinaire) — m’a fait visiter 2 des 4 archétypes fondamentaux selon Caroline Myss, le saboteur et la prostituée.

Le saboteur

L’archétype du saboteur est actif en chacun.e de nous, pour nous faire voir nos propres limites. Il est utile de l’envisager pour découvrir nos peurs et croyances limitantes, faire des choix avec discernement et se dépasser.

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Le saboteur est l’un des quatre archétypes de survie identifiés par Caroline Myss dans son travail sur les contrats sacrés. La plupart des gens se connectent à l’archétype du saboteur par l’intermédiaire de l’ombre. La vilaine habitude que nous avons tous de nous saboter en gâchant notre vie, nos relations et notre réputation peut prendre le devant de la scène avec cet archétype.

Stacey Couch [traduction libre]

Pour moi ça s’est traduit comme suit:

Je refuse de croire qu’il soit « impossible de trouver un emploi pendant l’été, encore moins durant un été pandémique, que ce n’est pas évident » ou encore qu’il n’y ait « pas d’emploi qui me convienne ». Je sais bien que c’est faux.

Toutefois, je demeurais sensible au dilemme: gagne-pain misérable qui paye bien VS bonne job qui ne paye pas.

La prostituée

L’archétype de la prostituée est également actif en nous, tout particulièrement en ce qui concerne le travail et notre intégrité dans les transactions. Elle nous informe de la perception de notre propre valeur et de ce que nous sommes prêts à faire en échange de la sécurité.

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L’archétype de la prostituée nous renseigne sur la vente ou la négociation de sa propre intégrité ou de son propre esprit par crainte liée à la survie physique ou pour un gain financier. Elle active les aspects de l’inconscient qui sont liés à la séduction et au contrôle. Ce qui fait que vous êtes aussi bien capable d’acheter une prise de contrôle dans une autre personne que de vendre votre propre pouvoir. La prostitution doit être comprise comme la vente ou le bradage de vos talents, de vos idées et de toute autre expression du moi. L’apprentissage de base de la prostituée est lié à la nécessité de faire naître et d’affiner l’estime et le respect de soi.

Caroline Myss [traduction libre]

Pour moi ça s’est traduit par ces deux questions:

  • Mon énergie et mon temps valent quoi?
  • Que suis-je prêt à sacrifier pour la sécurité matérielle et la stabilité?

L’appel de la Mission

Dans cette quête vers une occupation qui nous convienne, il est bon de viser un horizon plus lointain, de se projeter à moyen-long terme.

Ça fait plusieurs années que je sais que mon avenir est dans la relation humaine et l’accompagnement. C’est là que la magie opère pour moi, dans cet espace de sécurité psychologique qui peut s’établir entre deux personnes, au service de l’évolution.

Mon appel pour la formation de thérapeute en relation d’aide au CRAM s’est concrétisé: j’ai fait le plan de m’inscrire dès que j’aurais trouvé un nouvel emploi. Je n’avais plus de doute que c’était ma voie.

Dès lors, ma recherche s’inscrivait dans un plan plus large: obtenir un emploi corporatif pour financer ma formation en parallèle.

Clarté sur le court-moyen-long terme

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Ça demeurait critique de trouver une occupation professionnelle à court terme. Et oui, je me creusais la tête pour trouver un emploi qui m’apporte du bonheur pour les 3 à 5 années à venir.

Avec l’espace et le temps de réflexion, mes critères devenaient de plus en plus clairs:

  • Contribuer à une mission éthique
  • User de ma créativité
  • Respecter mes limites personnelles: dépense énergétique, milieu psychologiquement sain, transit de 40 min., une certaine rémunération, etc.

Un jeu passif

À GO je me suis abonné aux alertes de sites d’emploi. Chaque matin, je passais en revue les postes correspondant aux paramètres choisis. J’avais un super CV et un profil LinkedIn du tonnerre. J’appliquais sur des trucs qui semblaient juste un peu « en dehors de ma zone de confort ». Ça me semblait une bonne stratégie.

Plus le temps passait, plus la pression de trouver quelque chose se faisait sentir.

Mais voilà, à chaque refus ou silence prolongé, je me sentais soulagé.

Puis, je suis arrivé au stade où les descriptions de postes me donnaient la nausée.

Phase du désillusionnement

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Éventuellement, j’ai perdu espoir de trouver chaussure à mon pied. Me connaissant tel un optimiste increvable, adoptant (parfois forçant) une attitude positive et constructive face aux revirements de la vie, je ne voyais plus la lumière au bout du tunnel comme on dit.

3. La percée

Dans un moment de désespoir, j’ai capitulé et suis passé à l’acte: j’ai soumis ma candidature pour un poste de conseiller en centre d’appel, un emploi que j’avais occupé il y a longtemps et qui ne correspondait plus à mes aspirations.

Cet acte désespéré m’a fait comprendre que j’avais touché le fond. Ayant perdu espoir que ma démarche porte fruit, j’ai voulu en faire part à mon partenaire de vie. Lors d’une marche au parc, j’ai commencé à partager ce que j’avais sur le cœur, mes préoccupations et mes inquiétudes.

En mode solution, il me répondait avec des conseils, des arguments logiques, etc.

Tout de suite, je lui fit remarquer que j’avais besoin d’un autre type d’écoute.

Ah! De l’écoute empathique tu veux dire!

La CNV comme technique de déblocage

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Effectivement, c’est de ce genre d’écoute dont j’avais soif, pour élaborer mes propres réflexions à voix haute, tout en bénéficiant de l’écoute active et de l’attention de l’autre. C’est une méthode idéale pour arriver à ses propres conclusions et passer à l’action.

En bref, la personne cherche à identifier, dans l’ordre:

  • Ses sentiments
  • Ses besoins
  • Des demandes pour nourrir ses besoins

Après m’être sondé à fond, l’exercice fut concluant: j’ai pu identifier que j’avais surtout besoin de concret, d’une action qui me donne le sentiment que les choses avancent.

Ma demande à moi-même prit la forme d’une campagne personnelle sur LinkedIn, comme je l’aurais fait pour vendre de la pub pour un numéro du magazine Ciel variable.

Faire campagne

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La formule était fort simple: dédier 2h à 3h par jour pour envoyer un message individuel aux personnes de mon réseau en qui j’avais confiance, à partir d’un gabarit à peine personnalisé:

Bonjour XXX, j’espère que tout va au mieux pour toi. Je suis activement à la recherche d’un emploi. Si tu connais une équipe sympa qui cherche à combler un poste: je suis doué avec le contact humain et la coordination, avec plus de 20 ans d’expérience en service à la clientèle et développement d’affaires, communications, ventes et promotion. Merci de ton attention et au plaisir 🙂

Éric

S’il s’agissait d’une personne plus proche, j’ajoutais un truc personnel. Le plus important c’est d’être direct et concis.

Remarquez que j’ai opté pour nommer mes compétences, plutôt qu’un titre désiré. L’idée c’est d’être plus précis que simplement « à la recherche d’un emploi », sans non plus se cantonner dans un coin, en spécifiant un poste en particulier. D’ailleurs, le poste que j’ai obtenu par la suite n’était pas celui que j’avais imaginé.

4. Le dénouement

Ça m’aura pris 4 jours pour décocher 2 vrais « leads ». J’ai obtenu un entretien avec mon futur gestionnaire et une offre le jour même. Une semaine plus tard, j’étais contacté par le deuxième « prospect » pour un poste tout aussi intéressant — que j’ai décliné puisque j’avais déjà conclu une entente.

Aujourd’hui, j’occupe un emploi stimulant, au croisement de mes intérêts, entouré de collègues qui apprécient ce que j’ai à offrir. Je reçois aussi une rémunération convenable, qui me permet de financer des études, en vue de la prochaine étape de ma vie professionnelle.

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N’envoyez pas de CV

La réalité du marché de l’emploi, c’est que la majorité des postes sont cachés. Vous ne risquez pas de les trouver en cherchant et en appliquant en ligne.

Et pour ce qui est des postes affichés publiquement, la concurrence est forte et votre candidature risque de se noyer dans les piles de CV.

Travailler avec quelqu’un.e est une relation bien particulière. Comme mon ancien patron chez Spiralis m’expliquait: « Embaucher quelqu’un.e c’est un peu comme un mariage arrangé entre des inconnu.e.s ».

Les personnes qui recrutent regardent d’abord près d’elles, elles travaillent en réseau.

S’adresser à la personne le plus près possible de celui.elle qui embauche, c’est une clé pour que les choses bougent en votre faveur. Si cette personne fait partie de votre réseau, c’est encore mieux.

Aller chercher de l’aide professionnelle

Ne restez pas coincé.e, prenez rendez-vous avec un.e conseiller.ère en orientation. Ça vous aidera à établir vos critères d’emploi, gagner en confiance, croire en votre parcours, en ce que vous pouvez apporter à une organisation.

Avant de rétorquer que vous n’avez pas l’argent, pensez à ce que ça vaut pour vous, un emploi où vous pourrez vous épanouir…

J’ai entrepris cette démarche il y a quelques années. C’est comme ça que j’ai réussi à changer de domaine en 2018. Les perspectives sur moi-même que j’ai acquises avec ma conseillère d’orientation m’ont été encore bien utiles durant cette quête, et le seront certainement lors de la prochaine.

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Demander du soutien

Faites appel à des ami.e.s et/ou mentors pour vous aider avec la lettre de motivation et le CV, pour la présentation, le contenu et pour réviser les coquilles. Règle générale: faites toujours réviser les textes importants par quelqu’un.e d’autre.

Osez demander si l’un.e d’entre eux.elles serait d’accord pour pratiquer une entrevue fictive, par exemple. Pratiquer, ça nourrit la confiance en soi.

Le pouvoir du réseau

Dites que vous cherchez autour de vous. Parlez à vos ami.e.s et connaissances de votre emploi idéal. Précisez ce que vous ne voulez pas, comme ce que vous souhaitez obtenir.

Si vous n’êtes pas déjà sur LinkedIn, je vous recommande d’y sauter à pieds joints. C’est la plateforme de réseautage par excellence pour connecter avec vos relations — ami.e.s, collègues et connaissances — et mettre votre offre professionnelle de l’avant.

Il n’y a pas de bon moment

Le meilleur moment pour planter un arbre c’était il y a 20 ans. Le deuxième meilleur moment c’est maintenant.

Origine inconnue. Proverbe chinois ou africain.
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N’attendez pas pour prendre soin de votre réseau professionnel. C’est une question d’hygiène de vie communautaire. Il y a forcément une place à prendre pour vous, la vôtre (c’est cliché, mais c’est vrai).

Suivre son cœur

Aujourd’hui, les savoir-faire et les savoir-être que je développe à mon nouveau travail — en marketing de contenu et en gestion — et ce que j’apprends dans ma formation en relation d’aide se croise, à mon grand bonheur.

Je n’avais pas fait le lien entre les deux trajectoires.

Je suis heureux d’avoir suivi mon intuition, de ne pas avoir cédé à la panique et d’être passé à un jeu plus actif avec ma destiné.

Un monde VICA

Je sais aussi que ma situation demeure précaire. La stabilité absolue n’existe pas et le sol peut se dérober sous nos pieds à tout moment.

Nous avons toujours vécu dans un monde VICA: volatile, incertain, complexe et ambigu. La crise actuelle nous confronte à cette réalité de façon plus soutenue, c’est indéniable. Mais oui, depuis la nuit des temps, tout peut changer, aucune situation n’est immuable.

Je sais que j’ai en moi les ressources nécessaires pour faire face à la musique, encore et encore et encore.

Morale de l’histoire

L’inspiration, c’est plus important que [de connaitre] la destination.

Avec l’inspiration vient la motivation pour continuer à avancer, même si on ne sait pas où on va aboutir!

> Envie de discuter de vos stratégies pour dénicher un emploi qui vous convienne? Faites-moi signe!

Images

  1. Pixabay, image libre de droit
  2. Éric Bolduc, Dominique courroucé, esquisse sur papier
  3. Kyle Johnson, Mount Rainier National Park, United States
  4. Daniel Polo, The enemy, photographie
  5. Vladyslava Andriyenko, photographie
  6. Éric Bolduc, Horizon, photographie
  7. Éric Bolduc, Désillusion, photographie
  8. Éric Bolduc, A walk in the park, photographie
  9. Pablo Gentile, Hello, photographie
  10. Jeffrey J. Fox, Don’t Send a Resume: And Other Contrarian Rules to Help Land a Great Job. Photo: Éric Bolduc
  11. Nick Fewings, Sauvetage, photographie
  12. Éric Bolduc, Quand planter un arbre, photographie