Éric Bolduc XYZ

Coach Communications & Promotion

Simon Beaudry – 2

La politique

Le lieu dont je parle, c’est le pays réel. Le projet d’indépendance du Québec est le moteur de ma création, c’est par cet intérêt citoyen que j’en suis venu à créer. J’écrivais de la poésie, je faisais de la peinture à l’huile, je faisais un paquet de choses, mais je n’avais pas de sujet ni de propos qui me tenait à cœur … je n’avais rien à dire finalement. C’est en m’intéressant à la politique que j’ai trouvé quelque chose à dire.

En 2007, j’ai cofondé le collectif Identité Québécoise. Nous étions un groupe de jeunes qui trouvaient qu’on ne connaissait pas notre propre histoire. J’ai invité des conférenciers à venir nous parler du Québec, toujours sur des sujets reliés : la forêt, la constitution, c’était vaste. Il y a eu un moment où c’était difficile de rassembler du monde, ça représentait beaucoup d’énergie pour quelque chose que je contrôlais mal et qui m’intéressait moins que la création. Alors j’ai commencé à faire des œuvres au sein du collectif. Et à un moment donné, j’ai fait le switch en abandonnant mon rôle de ralliement et en me concentrant sur ma démarche personnelle.

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© Photo : Philippe Richelet, Véhicule et scalp, une pratique artistique en mutation, présenté au centre d’art Diane-Dufresne, Repentigny, 2016. Entretien entre Simon Beaudry et Éric Bolduc.

Québec – pays réel

Il y a le pays du Québec que je tente de faire par l’art, à défaut qu’il se fasse politiquement. Mais il y a aussi le pays comme état, comme une position. On pourrait dire qu’il y a un état-province et un état-pays. L’état-province serait un état où il manque des choses, c’est incomplet. Être pays, ça pourrait vouloir dire être indépendant, responsable et faire ses choix. Le pays que je tente de bâtir, c’est autant le vrai que mon pays intérieur. Je tente de me diriger le plus possible vers la liberté autant personnelle que nationale.

Au départ, toute démarche est une quête personnelle sur sa propre identité. Cette quête-là est en train de se mélanger pour moi avec la quête nationale du Québec. C’est ce que j’aimerais, inscrire mon parcours dans l’histoire. Que ça ne soit pas inutile ce que je fais.

En ayant abandonné le groupe pour me concentrer sur ma démarche artistique, j’accepte le fait que ma portée soit juste individuelle. Déjà, le public qui consomme de l’art est assez limité. Les gens qui vont lire cette entrevue, il y en a encore moins. Je ne suis pas naïf à ce sujet. En même temps, les artistes de toutes les époques ont quand même inspiré leurs contemporains.

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Image du haut : Simon Beaudry, Drapeau Unilys, 2008, encre sur tissu, édition illimitée. Proposition d’un nouveau drapeau Québécois laïc où l’idée principale est l’unification de ses quatre morceaux actuellement séparés. Le symbole de la nation québécoise, le lys, devient plus grand et plus affirmé, évacuant l’image du catholicisme symbolisé par la croix blanche.

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